Un choix subjectif et avisé d'objets et d'antiquités en vente ou aux enchères
En ce mois de septembre 2014 Édouard Lièvre est partout, depuis la Biennale des antiquaires au grand Palais jusqu’aux ventes aux enchères sans oublier les expositions d’antiquaires.
Après le découvreur Roberto Polo, après la rétrospective de Roxane Rodriguez, cette rentrée du marché de l’art est placée sous le signe du génie créateur d’Edouard Lièvre (1828-1886).
Dessinateur et graveur, son travail de créateur de meubles et objets d’art s’articule principalement autour de deux axes stylistiques: le japonisme et le néo-renaissance.
Par ses voyages en Chine puis au Japon, d’où il a rapporté des relevés d’éléments stylistiques qui nourriront son œuvre, il contribue à la diffusion du goût pour l’Extrême-Orient que le XIXème siècle nommera japonisme. La modernité des lignes, la qualité des matériaux, la perfection du dessin font des créations de Lièvre des pièces emblématiques dont le goût est particulièrement en adéquation avec les critères de notre époque. D’où cette reconnaissance après un long sommeil.
Dans ce contexte, on regrettera cependant que certains s’ingénient à entretenir le flou pour des raisons purement commerciales sur le rôle réel de Lièvre. En effet, si Lièvre a supervisé personnellement et présidé à l’exécution de certaines pièces exceptionnelles, son rôle a principalement été de fournir des dessins destinés à être édités en série par des maisons aux premiers rangs desquelles l’Escalier de Cristal et Sormani.
Une exposition chez Steinitz présentant actuellement la collection la plus importante, une vitrine chez Aaron, un cabinet chez Chadelaud, des pièces importantes chez Christie’s à Londres…
Saluons cette émulation autour de cet artiste qui mérite véritablement une telle reconnaissance et attendons que le temps démêle ce qui lui revient en propre de toute la production dont il n’a été que l’inspirateur…
Photo 1. Cabinet japonisant présenté par la galerie Steinitz. © Steinitz
Ce meuble signé d’Edouard Lièvre répond à ceux actuellement conservés au musée d’Orsay et au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale.
Photo 2. Cabinet japonisant présenté par la galerie Chadelaud. © Chadelaud
Ce meuble vendu à l’hôtel Drouot en 2013 soulève la question de la création et de l’édition: signé de l’Escalier de cristal il est daté aux environs de 1895, Édouard Lièvre étant mort en 1886.
Photo 3. Vitrine exécutée sous la direction d’Edouard Lièvre présentée par la galerie Hervé Aaron. © Hervé Aaron
Photo 4. Table d’Edouard Lièvre présentée par Christie’s à Londres dans sa vente The Opulent Eye du 18 septembre 2014. © Christie’s
Entre édition et création: le musée d’Orsay possède déjà une table similaire ainsi que la galerie Steinitz…
| Christie’s The Opulent Eye: – exposition du 13 au 17 septembre 2014, 8 King Street, St. James’s, Londres – vente le 18 septembre 2014 www.christies.com Steinitz: – Biennale des antiquaires du Grand Palais, stand ND8, du 11 au 21 septembre 2014 – Édouard Lièvre, exposition du 9 septembre au 8 novembre 2014, Galerie Steinitz, 77 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris www.steinitz.fr Michel-Guy Chadelaud: – Biennale des antiquaires du Grand Palais, stand NC4, du 11 au 21 septembre 2014 – Galerie Chadelaud, 3 rue de Miromesnil, 75008 Paris www.chadelaud.com Hervé Aaron: – Biennale des antiquaires du Grand Palais, stand ND1, du 11 au 21 septembre 2014 – Galerie Hervé Aaron, 152 boulevard Haussman, 75008 Paris www.didieraaron.com |